Dossier – Le « Great Reset » dans les textes

Le « Grand Reset » dans les textes

Nous avons signalé, dans l’éditorial du numéro de novembre, certains des projets de la super classe mondialiste visant à renforcer la « gouvernance mondiale » déjà bien existante et exposés dans un livre de Klaus Schwab et Thierry Malleret intitulé « Covid 19 : The Great reset » ou « Covid 19 : La grande réinitialisation ». L’expression est tout un programme : réinitialisation vient du langage informatique et signifie en quelque sorte « reprogrammation ». Bref, il s’agit pour la superclasse mondialiste de faire table rase du passé pour essayer de prolonger et renforcer un système qui assoit leur pouvoir. A leur secours, vient la destructrice « French Theory » des Deleuze et Derrida qui veut tout « déconstruire ». Il importe de faire une lecture – trop succincte – de ce livre, en prenant en compte les publications du Forum économique de Davos et les livres de Klaus Schwab : Shaping the Future of the Fourth Industrial Revolution : A Guide to Building a Better World (Façonner l’avenir de la quatrième révolution industrielle : un guide pour construire un monde meilleur) (SFFIR) paru en 2018 et The Fourth Industrial Revolution (La quatrième Révolution industrielle) (FIR) paru en 2016.  

 

Qui est Klaus Schwab ?

Mais qui est Klaus Schwab ? Né en 1938, il est diplômé de l’Institut fédéral suisse de technologie, des universités de Fribourg et de Harvard, détient des doctorats en génie mécanique et en économie. Professeur de politique commerciale à l’Université de Genève entre 1972 et 2003, il a fondé en 1971 le European Management Forum, qui tenait des réunions annuelles à Davos en Suisse. Renommé en 1987 le World Economic Forum ou Forum Economique Mondial (FEM) il devenu une organisation internationale majeure engagée à « améliorer l’état du monde ». Tout un programme !

Schwab a reçu en 2004 le prix Dan David décerné par Israël pour « sa contribution significative à la promotion du dialogue international et de l’activisme pour résoudre certains des plus grands problèmes du monde ».

Au cœur de l’économie mondiale, il fait partie des réseaux mondialistes – il a été membre du comité directeur du Bilderberg – et adhère par conséquent à l’idéologie, sinon à la spiritualité qui sous-tendent le mondialisme.

Lui et ses pairs utilisent la crise du Covid-19 pour accélérer leur programme et l’imposer au reste de l’humanité contre sa volonté dans ce qu’il appelle une « Grande Réinitialiation ». En fait, le mondialisme poursuit son projet de base de remodeler l’humanité pour l’adapter au capitalisme par des moyens manifestement autoritaires.

Cela se manifeste sous les traits de la gouvernance mondiale, de la biosécurité, du « New Deal pour la nature » selon le WWF (Fonds mondial pour la nature) et de la « Quatrième révolution industrielle ».

A Davos, il a promu son idéologie du capitalisme « des parties prenantes » (stakeholders) dans lequel les entreprises sont amenées à coopérer plus étroitement avec le gouvernement.

Cette forme de capitalisme est décrite par le magazine d’affaires Forbes (5/01/2020) comme « l’idée qu’une entreprise se concentre sur la satisfaction des besoins de toutes ses parties prenantes: clients, employés, partenaires, la communauté et la société dans son ensemble ». Comme le note Forbes, ce verbiage apparemment inoffensif signifie en fait que « les entreprises peuvent continuer à piller de l’argent en privé à leurs actionnaires et dirigeants, tout en maintenant un front public d’une sensibilité sociale exquise et d’un altruisme exemplaire ».

Ce concept de partie prenante conduit à ignorer le bien commun des peuples car les intérêts des entreprises sont privilégiés entre tous. La société n’est plus considérée comme une communauté vivante mais comme une immense entreprise, dont la rentabilité est le seul objectif valable de l’activité humaine.

Schwab a défini ce projet en 1971 dans son livre Moderne Unternehmensführung im Maschinenbau (Gestion moderne en ingénierie mécanique) où son utilisation du terme « parties prenantes » (die Interessenten) a effectivement redéfini les êtres humains non comme des citoyens, des individus libres ou des membres des communautés, mais en tant que participants secondaires dans une entreprise commerciale massive.

L’objectif de la vie de chacun est « d’assurer la croissance et la prospérité à long terme » de cette entreprise – en d’autres termes, de protéger et d’accroître la richesse de l’élite capitaliste. Et « la 4e révolution industrielle a le potentiel de stimuler à la fois la croissance économique et de nous aider à affronter certains problèmes majeurs » même si elle peut avoir des effets négatifs en termes d’inégalités sur l’emploi et le marché du travail. (FIR p. 48)

Dans ses livres, Schwab s’exprime dans les clichés à deux visages de l’esprit d’entreprise et du « greenwashing » (éco-blanchiment), à savoir une méthode de marketing consistant à communiquer auprès du public en utilisant l’argument écologique.

Covid 19 : pourquoi une telle mise en scène ?

Mais venons-en à la crise du Covid 19. Comment ne pas être surpris de la manière dont a été traitée une épidémie somme toute bénigne et la catastrophe économique que ce traitement provoque.

Dès la première ligne du livre « La Grande réinitialisation » (GR), nous lisons : « La crise mondiale déclenchée par la pandémie de coronavirus n’a pas d’équivalent dans l’histoire moderne. Elle plonge le monde dans son intégralité et chacun de nous individuellement dans les moments les plus difficiles que nous ayons connus depuis des générations ». Tout au long du livre, des phrases terrifiantes parsèment le livre : par exemple, nous lisons p. 19 « l’impensable est à notre porte » et p. 94 : « Bien avant que la pandémie n’engloutisse le monde ». Et le mot « pandémie » est personnalisé puisque partout dans l’ouvrage il nous est parlé de « la » pandémie, comme s’il s’agissait d’un personnage diabolique prêt à nous détruire.

Bigre : voilà la Grande Peste revenue, sous une autre forme, pense-t-on aussitôt. Or (p. 281) il nous est dit que « au niveau mondial, si l’on considère le pourcentage de la population mondiale touchée, la crise du coronavirus est l’une des pandémies les moins meurtrières que ce monde ait connues au cours des 2000 dernières années ». Et d’ajouter, pour preuve que « fin juin, la Covid 19 a tué moins de 0,006 % de la population mondiale ». De même (p/ 282), « la pandémie de Covid 19 ne constitue pas une menace existentielle, ni un choc qui laissera son empreinte sur la population mondiale pendant des décennies ».

Il est donc légitime de se demander pourquoi une épidémie qui est loin d’entraîner des drames comme la Grippe espagnole ou moindrement la grippe de Hong Kong a provoqué un tel sauve-qui-peut.

Schwab et Malleret répondent en nous disant que cette crise comporte des perspectives inquiétantes car, dans le monde d’aujourd’hui, les risques se confondent et amplifient leurs effets. Certes : dans le monde actuel, où l’on peut aller d’Europe en Asie en moins d’une journée, la Terre s’est rétrécie et un virus circule plus vite que jadis. Mais alors ? Si les gouvernements des différents Etats du monde n’avaient pas « paniqué » avec un bel ensemble, notamment en Europe, une telle catastrophe économique et sociale ne serait pas advenue !

Pourquoi donc, une telle panique ? Les peuples développés, occidentaux essentiellement, souffrent d’un affaiblissement psychique général, nourri par une perte de la spiritualité et un matérialisme réducteur. En l’absence de vision eschatologique solide et rassurante, les gens ont peur de mourir et, au lieu de penser à leur salut, pensent à leur santé, craignant la mort plus que tout … sauf pour les fœtus et les vieux ! Mais rien ou presque n’aurait eu lieu sans la mise en scène des media.

En fait, un autre facteur intervient : saisir l’opportunité de l’apparition de ce coronavirus pour permettre à l’oligarchie mondialiste de tenter de reprendre l’initiative dans un monde qui tend à se bloquer économiquement. Ne discutons pas ici de savoir si cette apparition relève du hasard ou bien est issue d’une volonté délibérée de provoquer la crise présente, le virus étant, au dire de certains scientifiques – comme le prix Nobel de médecine Luc Montagné – fabriqué de main d’homme, en Europe, ou en Chine. Il n’en demeure pas moins vrai, qu’elle est providentielle, pour Schwab et Malleret qui écrivent : « La pandémie nous donne cette chance ; elle représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour réfléchir, réimaginer et réinitialiser notre monde » (p. 278).

En tout état de cause, une telle épidémie était attendue depuis longtemps. Rappelons que le sieur Attali avait « prophétiquement » parlé le 6 mai 2009 de « la force structurante de la peur » en cas de pandémie… pour modifier l’organisation et le fonctionnement des sociétés. Citons aussi le rapport de la Fondation Rockefeller, « Scenarios for the Future of Technology and International Development », qui décrit la première phase de cette destruction mondiale que nous vivons actuellement avec le scénario dit de « Lockstep » (p. 18 du rapport Rockefeller 2010) qui prévoit une telle épidémie. Rappelons aussi « l’Événement 201 (Event 201) de 2019 qui est une simulation de pandémie corona et ses conséquences, partant de Chine avant d’atteindre le reste du monde et parrainé par le FEM, la Fondation Bill & Melinda Gates, la Johns Hopkins University School of Public Health et des organes de l’ONU.

L’objectif économique est de mettre en place un nouveau type de capitalisme en accélérant les processus en cours depuis dix ans : un « capitalisme inclusif », un capitalisme de surveillance fondé sur les techniques numériques qui devrait amener à une dématérialisation de l’économie réelle et à un contrôle accru des populations au moyen de lois larvées, cachées, opaques,  peu visibles pour les utilisateurs. Mais aussi de nouvelles formes de création de valeur sous forme de capital virtuel avec la numérisation de la monnaie (cf. Militant n° 731), dans le cadre d’une recherche de nouveaux débouchés et d’économie de coûts avec la numérisation des activités. Seront bradés tous les services intermédiaires tel le travail de secrétariat supprimé par le télétravail.

En réalité, les peuples sont confrontés à une guerre psychologique menée contre eux par un petit groupe de psychopathes et de mégalomanes qui ont pris le contrôle de l’esprit des masses grâce à un endoctrinement à long terme et des politiques destinées à engendrer la dépendance et avec pour arme de destruction massive : la peur. Un féodalisme des temps modernes se met en place.

Problème : la quatrième révolution industrielle

Actuellement, l’économie mondiale connaît des difficultés, les nouveaux secteurs d’activité émergent en tâtonnant : la Grande réinitialisation peut permettre de relancer l’économie mondiale avec une hausse des taux de profit conjointe au moyen une gouvernance mondiale, en enserrant les peuples dans une société dont la nature carcérale est masquée par la distribution de pain et la multiplication des jeux de cirque.

Les propos de la page 118 sont clairs : « Quatre questions principales prendront plus de place dans l’ère post-pandémique et qui se regroupent : l’érosion de la mondialisation, l’absence de gouvernance mondiale, la rivalité croissante entre les Etats-Unis et la Chine, le sort des Etats fragiles et défaillants ».

Dans son livre « La quatrième Révolution industrielle » (FIR) Schwab développe longuement les conséquences de la robotisation commençante des métiers dès que ceux-ci comportent quelque activité répétitive et les effets prévisibles de la quatrième révolution industrielle faite de « la convergence vertigineuse des percées technologiques : l’intelligence artificielle, la robotique, l’Internet des objets (IdO) [c’est-à-dire « une gamme de capteurs intelligents et connectés qui collectent des données, les traitent et les transforment en fonction des besoins; in communique ensuite des données à d’autres appareils ou individus pour atteindre les objectifs d’un système ou d’utilisateurs SFIR p. 99], les véhicules autonomes, l’impression en 3D, les nanotechnologies, les biotechnologies, les sciences de matériaux, le stockage d’énergie et l’informatique quantique » (p. 11) entre autres, conduisant à une recomposition de secteurs industriels à une vitesse inégalée. Bref, « un changement profond et systémique » (p. 21). Les conséquences sur l’emploi, très menacé, et bien sûr sur les taux de rentabilité – ou taux de profit si l’on préfère – menacés eux-aussi par la crise de la demande née du chômage et des crises sociales qui en résulteront avec un creusement dangereux des inégalités, sont immenses et aussi inquiétantes.

Il est vrai que la robotisation annoncée va supprimer des millions d’emplois et la question est de savoir si, comme par le passé, cette substitution de la machine à l’homme, relevée par Sismondi au XIXe siècle, par Keynes en 1931, par Jacques Duboin qui publia « La Grande relève des hommes par la machine » dès 1932 pourra créer suffisamment de nouveaux secteurs d’activité pour réemployer les gens.

Une chose est certaine : il est vain d’espérer arrêter l’exploitation d’inventions, de découvertes, quelles qu’en soit la nature. Tout au plus, pouvons-nous envisager d’en limiter les aspects nuisibles, ce qui est peu crédible, à vue d’homme. Au mieux, pour enrayer la nouvelle barbarie qui nous menace, notamment dans le domaine de la santé, (et dont le philosophe Michel Henri a profondément traité dans son livre La Barbarie en 1987) nous pouvons combattre ceux qui veulent les utiliser au détriment des peuples pour servir leurs intérêts personnels, particuliers, comme sont en train de le faire les réseaux mondialistes.

 Notons l’existence, depuis 2014, d’un réseau intergouvernemental informel, le D nine ou Digital 9 lancé par neuf Etats et qui vise à identifier la meilleure façon d’utiliser le numérique pour améliorer la vie des citoyens et « digitaliser » de concert tous les peuples.

Le livre FIR écrit en 2016 se conclut ainsi « : « Après avoir sensibilité l’opinion et élaboré un récit commun, il faudra nous employer à restructurer notre système économique, social et politique afin de pouvoir mieux tirer parti des opportunités qui se présentent … cela nécessitera certainement une innovation systémique ; des bricolages ou des réformes à la marge ne sauraient suffire » (p. 137)

Nous y sommes : Schwab se demandait comment une refonte du système, un  « grand remaniement » serait possible. La crise du Covid 19 en est l’occasion opportunément exploitée pour réaliser cette réinitialisation du monde. Le livre « Covid 19, la Grande réinitialisation » en trace les grandes lignes.

Le contenu de la Grande réinitialisation

La réinitialisation sera à la fois économique, sociétale, écologique et environnementale car la crise du coronavirus va accélérer les tendances économiques et sociales en cours. Cela se traduira par une réorganisation de la mondialisation à travers l’organisation de circuits plus courts, par une surveillance accrue – nous subissons déjà les lois liberticides toujours plus nombreuses et la multiplication des flicages divers ; un attrait croissant en faveur du bien-être – qui permettra, « ils » l’espèrent, endormir les peuples ; la séparation croissante entre la Chine et les Etats-Unis (p. 134) ; l’accélération de la robotisation. Ce qui plait moins à Schwab c’est la montée des nationalismes en réaction à la crise en cours. Il prévoit de nouveaux événements avec l’apparition de nouvelles formes de politiques monétaires (avec les monnaies virtuelles), le réétalonnage de certaines de nos priorités sociales, tout cela sur un fond de « pandémie » qui est promise pour durer durant des années, vaccins ou pas.

Du point de vue économique, il insiste sur l’extrême complexité et l’interdépendance de l’économie mondiale, avec l’accélération de la vitesse de circulation des capitaux et des marchandises. Toutefois, Schwab discerne un mouvement d’arrêt de la mondialisation telle qu’elle s’est effectuée depuis la dissolution de l’URSS, les Etats ayant ouvert largement leurs frontières (toutefois, notons que seule l’UE étant allée au bout de cette logique en supprimant la quasi-totalité de ses barrières douanières). La crise du coronavirus a poussé les Etats à engager – sinon accélérer – un mouvement de fermeture des frontières, avec un retour brutal et non sollicité (par les mondialistes, évidemment) à une forme d’autarcie relative, avec la volonté d’établir des circuits économiques plus courts et conduisant à des formes larvées d’autosuffisance. De ce point de vue, Trump a été un fer de lance, bien que son action ait visé à préserver les Etats-Unis de la concurrence déloyale de la Chine.

Le risque, pour Schwab et Malleret, est que l’après Covid soit celui d’une « économie à 80 % » (p. 54), c’est-à-dire une économie qui ne fonctionnerait pas à pleine capacité : moins de clients, de dépenses, coût des transactions plus élevés en raison de la distanciation sociale, ce fracasserait la demande mondiale et alourdirait la crise économique, alors que, déjà, les marchés existants, même ceux qui ont porté la « révolution internet », sont saturés.

A cela s’ajoute l’effet déflateur sur l’emploi du remplacement du travail répétitif, à commencer par le travail physique avec des robots. Et la crise du coronavirus accélère le processus de modernisation et de mécanisation, tels les « chatbots » (dialogueurs artificiels), les mécanisations chez Amazon, ce qui va entraîner des millions de pertes d’emplois. Toutefois, ils n’excluent pas que ces technologies créent de nouveaux marchés. Dans SFIR (p.23), Schwab écrit que « les technologies de la 4e révolution industrielle vont créer de vastes choix de consommation, à des coûts très faibles et une qualité augmentée ». Mais, pour cela, il faut que la croissance soit organisée sur un dynamisme plus inclusif, c’est-à-dire … totalitaire.

C’est alors qu’arrive, comme Zorro, « l’économie verte ». Et de nous expliquer – ce qui est un truisme – que l’augmentation du PIB ( qui, rappelons-le, ne fait que mesurer les dépenses) n’est pas nécessairement un signe de bien-être. Ainsi, par exemple, nous dit-il, si l’on vit en ville et que l’on est agressé, menacé, peu importe que la croissance soit là, notre existence est ternie. A ce propos, il est intéressant de lire une déclaration du FEM du 21 juillet 2020 dans laquelle nous lisons : « C’est désormais la plus grande menace au monde – et ce n’est pas un coronavirus»… La richesse est la plus grande menace pour notre monde, selon un nouveau rapport scientifique. » [ à savoir « Avertissement des scientifiques sur la richesse » (Scientist warning on affluence) du 19 juin 2020 de T. Wiedman, M. Lenzen]. Curieux propos : nous savons bien que nous consommons plus que ce que la Terre peut nous donner et qu’il faut repenser nos modes de production. Mais lorsque les mégalomanes mondialistes s’emparent d’un tel sujet, nous ne pouvons que nous inquiéter de leurs intentions, ne serait-ce que parce qu’ils ne donnent pas l’exemple par leur manière de vivre.

Dans GR, p. 167, nos auteurs envisagent une planche de salut avec le « recyclage vert » grâce auquel il est possible de créer de nouveaux marchés en reconsidérant l’économie de fond en comble. On va refaire les voitures, les matériels etc.. Le Covid-19 a ainsi été une excellente nouvelle pour les capitalistes qui espéraient tirer profit de la destruction de l’environnement, avec Schwab et Malleret rapportant: « La conviction que les stratégies ESG (à savoir des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) ont bénéficié de la pandémie et sont les plus susceptibles d’en bénéficier davantage est corroborée par diverses enquêtes et rapports. Les premières données montrent que le secteur de la durabilité a surperformé les fonds conventionnels au cours du premier trimestre de 2020 » et (GR p. 170), « à court terme, le déploiement d’environ 250 Mds $ de fonds de relance pourrait engendrer jusqu’à 37 millions d’emplois favorables à la nature de manière très rentable ». Schwab et Malleret insistent sur le fait que, selon eux, « la pandémie a radicalement ouvert les yeux du grand public sur la gravité des risques liés à la dégradation de l’environnement et au changement climatique » (p. 270) : nous leur faisons confiance, eux et leurs collègues, pour endoctriner les populations sur ce sujet !

Quant à l’inflation (p 76 et suiv.), ils n’en voient pas le retour parce que les populations vieillissent, la mécanisation fait baisser les coûts de production et le chômage tire les salaires à la baisse (GR, p. 63). Notons que, toutefois, ne sont pas abordées des questions de monétisation de la dette, l’inflation des actifs … qui sont  autant d’épées de Damoclès qui nous menacent, étant donné que les orgies monétaires se sont toujours mal terminées.

 

Reset sociétal

Socialement, nos auteurs craignent une explosion des inégalités, avec à la clé, de l’agitation sociale. Toutefois, dans leur empressement à publier leur livre, ils se trompent en prenant pour exemple le mouvement Black Live Matter, né de la mort du délinquant noir George Floyd, car ce n’est pas un mouvement d’agitation sociale mais transe de la bourgeoisie occidentale complexée. Toutefois, des mouvements du type Gilets jaunes, sous une autre forme, sont à prévoir. Et nos auteurs s’inquiètent (p. 270) de la multiplication « des comportements antisociaux (voire criminels) souvent dirigés contre la propriété ». Mais quelle « propriété » ? Celle de ceux qui ont gagné honnêtement leur richesse ou bien les accapareurs ?

Bien que cela ne soit pas écrit explicitement, nos auteurs comptent sur la transformation de nos sociétés en univers carcéral, en camp de concentration légal à ciel ouvert, pour remettre le monde en ordre. Ils notent que chaque crise renforce le pouvoir de l’Etat. De fait, actuellement, l’Etat s’est attribué le droit de vie ou de mort de certains secteurs de l’économie, comme les cafés et les restaurants. Et c’est ainsi qu’en France, leur république, qui s’enorgueillit de respecter les libertés fondamentales, les a balayées sous prétexte de la dictature sanitaire.

Que nous écrivent Schwab et Malleret ? Ils emploient l’expression de « capitalisme de surveillance transformant notre économie, notre politique, notre société et nos propres vies en produisant des asymétries profondément antidémocratiques de la connaissance et du pouvoir qui en découle » (p. 189). Et ils ajoutent : « au cours des mois et des années à venir, le compromis entre les avantages en matière de santé publique et de perte de vie privée sera soigneusement pesé » … Les gens « seront alors prêts à renoncer à une grande partie de leur vie privée et conviendront que, dans de telles circonstances, la puissance publique peut légitimement passer outre les droits individuels » (p. 189) … « Puis, sans nous en rendre compte, nous serons victimes de nouveaux pouvoirs de surveillance qui ne reculeront jamais et qui pourraient être reconvertis comme moyens politiques à des fins plus sinistres » (p. 190) … « la pandémie pourrait ouvrir une ère de surveillance sanitaire active rendue possible (par les technologies digitales) » (p. 190). Puis, citant l’écrivain israélien Yuval Noah Harari « nous aurons un choix fondamental à faire entre la surveillance totalitaire et l’autonomisation des citoyens » (p 191), ils concluent » les solutions technologiques proposées pour contenir la pandémie feront nécessairement passer l’état de surveillance au niveau supérieur ». (p. 193)

Et les moyens d’intrusion vont se mettre en place. Dans SFFIR (p. 14) Schwab décrit avec un certain plaisir comment ces technologies «peuvent s’introduire dans l’espace jusque-là privé de notre esprit, lire nos pensées et influencer notre comportement. Plus loin, il prédit : « A mesure que les capacités dans ce domaine s’améliorent, la tentation pour les forces de l’ordre et les tribunaux d’utiliser des techniques pour déterminer la probabilité d’une activité criminelle, évaluer la culpabilité ou même éventuellement récupérer des souvenirs directement du cerveau des gens augmentera. Même le franchissement d’une frontière nationale pourrait un jour impliquer un scanner cérébral détaillé pour évaluer le risque de sécurité d’un individu ».

 Oh ! Il nous est dit qu’il nous revient de faire en sorte que nous exploitions « les avantages de la technologie, sans sacrifier nos valeurs et nos libertés collectives » (p. 194) mais il ne s’agit que d’une formule de style pour faire accepter au lecteur tout ce qui précède, sachant que bien peu de personnes réagiront et, sauf existence d’une organisation de nature révolutionnaire en mesure d’exploiter les inévitables faux pas qui vont se produire, l’univers carcéral post covid va avancer avec force. La surveillance sanitaire active avec les smartphones, la reconnaissance faciale, le flicage à travers la  numérisation accélérée des soins médicaux sont devant nous !

En attendant, soyons assuré que les Etats mettront les bouchées doubles pour soutenir la demande avec des aides, des prestations sociales car, si la demande s’effondre, c’est le chaos assuré à très court terme.

Nos auteurs veulent d’ailleurs mettre en place un nouveau contrat social qui actuellement repose sur deux piliers : l’adage kantien selon lequel il ne faut pas piétiner le droit d’autrui mais aussi « le vivre ensemble » à savoir ce nouvel avatar de la mythologie révolutionnaire qui consiste à savoir inclure dans notre marais sociétal toutes les hétérogénéités sexuelles, raciales, etc.). Le revenu universel fait partie du lot ; en fait, il s’agit d’une fausse générosité qui vise à canaliser les masses dans une forme d’oisiveté et de médiocrité.

 

Réinitialisation géopolitique

Mais aucune solution ne pourra venir sans gouvernance mondiale. C’est là où nos auteurs veulent en venir. La crise covid a marqué un vide dans la gouvernance mondiale, menaçant la mondialisation car les Etats se sont repliés sur eux-mêmes (GR, p. 132). Il importe de rétablir les relations et institutions multilatérales « Le monde sera un endroit très dangereux si nous ne réparons pas les institutions multilatérales »  (p. 133)

Pour cela il faut mettre en place une nouvelle mondialisation, plus inclusive, autrement dit plus intégrée et, à connaître la pensée mondialiste, de plus en plus totalitaire. Et il faut faire vite : « Si nous n’améliorons pas le fonctionnement et la légitimité de nos institutions mondiales, le monde deviendra bientôt ingérable et dangereux. Il ne peut y avoir de reprise durable sans un cadre stratégique mondial de gouvernance » (p. 123).

Toutefois, l’économie mondiale étant très interconnectée, la mondialisation est irréversible mais va s’orienter vers une forme régionalisée, continentalisée, ne faisant qu’accentuer un processus en cours : avant la crise du Covid, « la mondialisation devenait déjà plus intrarégionale qu’interrégionale » (p. 123).

Cela dit, quelle que soit la forme de la « mondialisation mondialiste », rien ne changera : cette mondialisation a détruit l’industrie française, et, pour les peuples d’Europe, elle est une catastrophe.

Ces réserves faites, comment mettre en place la « gouvernance mondiale » qui est « au cœur de toutes ces  … questions  (p. 130) ? … Les problèmes mondiaux les plus critiques sont traités de manière très fragmentée, et par conséquent inappropriée » (GR p. 129-130)

La solution proposée, s’en déduit d’elle-même : à savoir la gouvernance mondiale. D’ailleurs (GR p. 36) ils préconisent pour endiguer la pandémie de coronavirus (et les suivantes bien sûr) de mettre en place « un réseau de surveillance mondial capable d’identifier les nouveaux foyers dès leur apparition », « l’ennemi d’aujourd’hui étant commun à toute l’humanité » (GR p.16) – comme si la peste jadis ne l’était pas !

Il faut aussi discerner une autre forme de dépossession des Etats (FIR, p. 111) : « comme les pouvoirs publics restent à la traîne en matière réglementaire il se peut que l’initiative revienne en réalité au secteur privé et aux acteurs non étatiques ». Cela est déjà commencé avec les GAFAM et les ONG.

Néanmoins, s’ils parviennent à leurs fins dans le monde Blanc, notamment occidental, ils se heurteront à d’autres Etats, d’autres peuples, en particulier la Chine qui aujourd’hui, par suite de des faiblesses, des naïvetés, des trahisons de nos pseudos élites, est en passe de soutenir l’Occident comme la corde soutient le pendu.

Nos auteurs conviennent que ce « Great reset » est peut-être trop ambitieux ; mais il n’y pas d’autre voie pour rendre le monde moins polluant, moins destructeur, plus inclusif, plus équitable que celui que nous avions jusqu’à présent… et peut-être éviter qu’il n’arrive malheur aux Juifs : en effet (GR p. 16), de manière incongrue relativement au sujet traité, il est fait allusion aux Juifs victimes des « pogroms les plus notoires » en période de peste, autrement dit de pandémie.

Quels sous-entendus idéologiques ?

Toutefois, deux réinitialisations ne sont pas évoquées : celle de la remise en ordre spirituelle du monde et celle des problèmes liés aux migrations. Pour ce dernier point, nous savons d’avance que, pour un Schwab, elles sont bonnes et doivent être amplifiées : « les mouvements migratoires sont … un facteur de développement économique et … le rôle social et économique de la mobilité ira croissant » (FIR, p. 101). Déjà, le Pacte de Marrakech de décembre 2018 les institutionnalise.

En fait, la spiritualité du Grand Reset tient de la subversion des principes naturels, du satanisme si l’on se place d’un point de vue chrétien. Schwab et Malleret écrivent (GR, p. 20) que la crise coronavirale est une « occasion sans précédent pour réimaginer notre monde afin de le rendre meilleur et plus résilient » (p.20) alors que « les possibilités de changement et le nouvel ordre qui en résulte sont désormais illimités et n’ont d’autre frein que notre imagination » Ce dernier propos est très inquiétant car il n’est plus question de se conformer aux règles de l’ordre naturel ; non, les seules limites sont celles de notre imagination et des possibilités offertes par la science ; bref, c’est le triomphe de l’anthropocentrisme né avec les Lumières, voici plus de deux siècles. 

C’est la raison pour laquelle ce livre nous parle d’une ère avant covid et d’une aire après covid (GR p. 12). Fini l’ère chrétienne ! Voici l’ère postcovid placée sous le signe de la « Mère nature » (p. 285). Ce n’est rien d’autre que la « Pachamama » : nous voilà en plein panthéisme, ou en plein paganisme. Nous ne pouvons que rapprocher ces propos des actes curieux, sinon inquiétants, du pape François qui, le 4 octobre 2019 a assisté à un acte d’adoration idolâtre de la déesse païenne Pachamama alors que le 7 octobre, l’idole en bois de la Pachamama a été placée devant l’autel principal à la basilique Saint-Pierre.

Mais, plus encore, dans l’encyclique Fratelli tutti, ce pape encourage une mystique de la fraternité universelle et (à la suite de Benoit XVI) la mise en place d’une gouvernance mondiale plus efficace. En page 173 de cette encyclique figure un appel à une réforme de l’ONU afin de donner une réalité concrète à la famille des nations, ce qui suppose une meilleure gouvernance globale. Nous ne pouvons que constater une alliance objective entre le Vatican et les cercles mondialistes, tant en ce domaine spirituel que dans celui de l’écologie revisitée par la gauche, ce qui nous renvoie à une autre encyclique : « Laudate Si ».

Et, comme il faut joindre les actes aux intentions, a été institué le 8 décembre 2020 un « Conseil pour un capitalisme inclusif avec le Vatican » (prnewswire.com) cornaqué nommément par les Rothschild qui est une organisation mondiale à but non lucratif établie sous les auspices du Vatican sous la supervision morale du pape François, selon les termes officiels. Ce dernier pense-t-il christianiser le mondialisme ? Ou bien est-il spirituellement mondialiste ? Tout cela est gravissime.

Le transhumanisme

Quant à Schwab, qui veut créer « une véritable civilisation globale » (FIR, p. 138), c’est un adepte du transhumanisme. Il répète ce message à maintes reprises.

 « Les innovations époustouflantes déclenchées par la quatrième révolution industrielle, de la biotechnologie à l’IA, redéfinissent ce que signifie être humain» (FIR, p 120), écrit-il ; et plus loin : « L’avenir mettra au défi notre compréhension de ce que signifie être humain, tant d’un point de vue biologique que social ».

Il l’explique plus en détail dans SFFIR: « Les technologies de la quatrième révolution industrielle ne s’arrêteront pas à faire partie du monde physique qui nous entoure – elles feront partie de nous.»

Une section entière de ce livre est d’ailleurs consacrée au thème « Modifier l’être humain ». Et il évoque un futur cyborg impliquant «de curieux mélanges de vie numérique et analogique qui redéfiniront nos natures mêmes». Un texte du FEM du 6 août 2020 précise que : « L’Internet des objets (IdO) se mêle de plus en plus aux corps humains. Cette émergence et cette expansion rapide de “l’internet des corps” (IoB) — le réseau des corps humains et des données via des capteurs connectés – tout en offrant d’énormes bénéfices sociaux et sanitaires, soulève également de nouveaux défis de gouvernance technologique ». L’esclavage numérique se profile. Les exemples de ce type abondent dans les écrits de Schwab et les publications du FEM. Et Schwab se réjouit (FIR, p. 121) : « dans un avenir proche, on verra des ‘’bébés sur mesure ‘’ avec toute une série d’autres modifications de notre caractère humain, de la suppression des maladies génétiques à l’augmentation de nos capacités cognitives ».

Tout cela est prévu dans l’intérêt supérieur du profit capitaliste, comme nous l’avons vu précédemment.

Pour gouverner ce nouveau monde, Schwab fait allusion à l’arrivée d’une élite transhumaine artificielle, « supérieure », se séparant de la populace naturelle, dans ce passage particulièrement accablant (FIR, p. 119-120) : il existera une « inégalité ontologique séparera ceux qui s’adaptent de ceux qui résistent – les gagnants et les perdants matériels dans tous les sens des mots. Les gagnants peuvent même bénéficier d’une certaine forme d’amélioration humaine radicale générée par certains segments de la quatrième révolution industrielle (comme le génie génétique) dont les perdants seront privés. Cela risque de créer des conflits de classe et d’autres affrontements inconnus jusqu’alors ».  Il ne s’agit de rien d’autre que de réaliser un monde transhumaniste inspiré de l’eugénisme de l’artifice, de la surveillance, du contrôle et du profit exponentiel. Mais avec une humanité à deux degrés.

Schwab discerne cependant des dangers : la révolte des peuples (GR, p. 84-85), et « le risque très réel que le monde de demain soit encore plus divisé, nationaliste » (GR, p. 283).

Pour cela, il envisage de créer un « récit » commun aux hommes. Pour Schwab, « le monde manque d’un récit cohérent, positif et commun qui expose les opportunités et les défis de la quatrième révolution industrielle ; un tel récit est essentiel si nous voulons responsabiliser un ensemble diversifié d’individus et de communautés et d’éviter une réaction populaire contre les changements fondamentaux en cours ». (FIR  p 20)

Il ajoute en substance (FIR, p. 136-137 qu’il est essentiel que nous nous investissions dans la coopération multipartite au-delà des frontières académiques, sociales, politiques, nationales et industrielles. Ces interactions et collaborations sont nécessaires pour créer des récits positifs, communs et pleins d’espoir, permettant aux individus et aux groupes de toutes les régions du monde de participer et de profiter des transformations en cours. Attendons-nous à subir un matraquage médiatique des plus violents pour sidérer les peuples, les décerveler un peu plus.

Nous voilà prévenus. Complotisme ? Non pas. Il suffit de lire les publications issues de la mouvance mondialiste. Schwab (SFIR, Préface) écrit que « Le monde est à la croisée des chemins » et, dans son livre « Great Reset », emploie souvent l’expression : « à nous de jouer ». Effectivement : à nous de jouer pour que ce monde mortifère n’advienne pas.

André GANDILLON – Dossier dans le numéro de janvier 2021.

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