Militant N°719 – « Convention de la droite » : quelle politique pour la droite ?

SOMMAIRE :
Quelle politique pour la droite ? (MILITANT) page 3
La Russie met-elle en péril la domination américaine ? (Nicolas OUGAROV) pages 4 et 5
La politique conquérante du monde musulman (André GANDILLON) pages 6 à 11
Les faiblesses de l’Allemagne (Albert FOEHR) page 12
Greta Thunberg, icône de la subversion ? (Maurice GUFFROY) page 13
Chirac ou le contraire du grand homme d’Etat (Emile MALLIEN) pages 14
La Belgique face à son génocide ethnique (Edme JOUANNEAU) page 15
Le Poil à gratter, page 16

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Quelle politique pour la droite ?

 

   Une « Convention de la droite » s’est tenue à Paris le 29 septembre 2019,  à l’initiative des amis de la petite-fille Le Pen, Marion Maréchal, avec entre autres vedettes, outre sa personne, Eric Zemmour et Robert Ménard. Les media en ont fait grand cas, en dénonçant les discours extrémistes, xénophobes, islamophobes des orateurs. Bref, à les entendre et les lire, l’extrême droite dans toute son horreur. Ils ont vu aussi, dans le discours de la petite-fille Le Pen, un programme politique. Certainement, le contenu de ses propos relève de cette catégorie. Cependant, il importe d’en étudier le contenu afin de savoir si, dans celui-ci, les problèmes de fond sont véritablement traités et si les solutions proposées sont de nature à remettre notre pays en état de marche.

   Dans son discours, Marion Maréchal a de nombreux thèmes en des termes qui rejoignent ceux des nationalistes. Citons l’indispensable politique nataliste car il faut « encourager les naissances grâce à des Français ’’de souche ‘’, de nouveaux Français purs » car « les peuples ne sont pas interchangeables ». Mentionnons la mise en place d’une politique d’aménagement du territoire visant à en rééquilibrer le peuplement, comme nous le préconisons depuis plusieurs lustres, de recentrer l’Etat sur ses fonctions régaliennes, celui, essentiel, du rétablissement d’une agriculture saine. Elle a développé l’idée de restaurer la puissance de la France, ce qui est bien le moins lorsque l’on se revendique Français non renié. Par contre, il n’est rien dit sur les questions de financement de l’économie : pourtant, la mise en place d’un système monétaire et financier au service des peuples, fondé sur le principe « ce qui est matériellement réalisable doit l’être financièrement », est une pierre angulaire d’une politique de redressement.

   Justement, demeure la question de parvenir à réaliser cette politique.  En effet, il faut être lucide et comprendre que, ne serait-ce que dans le domaine agricole, mettre en place une politique de cette nature revient à s’opposer à des forces actuellement puissantes et considérables. Cela ne peut se réaliser à la suite d’un coup de baguette magique électoral.

   Or, elle n’inscrit son combat que dans le cadre du système démocratique représentativisme et sa mécanique électoraliste. Ainsi, elle s’est faite le défenseur de « l’union des droites ». Parler d’union est toujours beau, empreint d’esprit d’ouverture, de générosité. Or, pour s’unir, faut-il encore avoir une communion d’idée, partager les mêmes analyses et avoir les mêmes objectifs. Aussi, comment peut-on parler sérieusement « d’union des droites » lorsque la « droite » en question va des chiraquiens et autres sarkozistes à des gens comme Thierry Mariani, sans parler évidemment de membres du Front national défroqué qu’est le RN, voire même le PDF de Carl Lang, sorte de FN canal historique ? C’est vouloir l’union de la carpe et du lapin. D’ailleurs, cela n’a jamais fonctionné à l’exception de l’élection de Dreux de 1983 et de quelques alliances régionales entre RPR et FN, vite condamnées par le magistère républicain.

   D’ailleurs, s’unir pour quoi faire ? A l’évidence, pour tenter de gérer le système démocratique, acteur efficient des malheurs de la France, avec une meilleure efficacité !

   Or le rétablissement de la France ne passe pas par l’union de forces politiques dont les idées communes sont ténues et ambiguës, mais par l’adhésion, nourrie de conviction, de personnes ou groupes de personnes à une même doctrine politique qui les rassemble et les soude au sein d’une organisation structurée apte à conquérir l’Etat. Il est puéril de vouloir concocter un discours politique issu de compromis et de dosages subtils pour espérer concilier tout un chacun. Les compromis peuvent se faire temporairement dans l’action, au vu de l’obtention d’un résultat donné. Ils ne se font pas sur le plan des principes. Et la seule doctrine qui peut être le socle du rétablissement de nos peuples est celle du  nationalisme qui traite les problèmes auxquels la nation est confrontée en fonction du seul bien commun de celle-ci, en se fortifiant des enseignements de l’histoire.

   En outre, faut-il rappeler que, jamais, le système démocratique ne laissera arriver par les urnes une formation politique qui veut rétablir la France – mais cela est valable pour les Etats de l’Europe carolingienne – dans le droit fil de sa tradition millénaire.

   Cela précisé, Marion Maréchal a abordé un point majeur qui, d’ordinaire, reste dans l’ombre : les fondements culturels des courants politiques droitiers, ce qu’elle désigne sous l’appellation de métapolitique. Elle soulève le problème de fond qui est celui du travail des idées « préalable indispensable à la victoire politique ». Cela rejoint ce que disent les nationalistes, à savoir qu’il faut gagner les esprits, conquérir les âmes : un pouvoir ne s’installe durablement que s’il est en quelque sorte le mandataire du peuple dont il émane. Il faut gagner la bataille des idées : la Révolution française maçonnique a pu s’imposer parce que les élites d’alors avaient été auparavant infectées par la peste idéologique des Lumières.

   Justement, le fond du problème réside ici : 1789, c’est le renversement de l’ordre du monde. En combattant le christianisme, c’est de la destruction de l’ordre métaphysique naturel dont il s’est plus largement agi : l’homme n’est plus un être placé au sein de l’ordre de la Création, aux lois duquel il doit se conformer pour vivre sainement, mais s’est placé lui-même comme le deus ex machina du monde qui doit obéir aux modes et lubies de sa raison.

   Lorsque l’on sait que ce renversement est né des loges maçonniques, elles-mêmes émanations de ce qui est devenu aujourd’hui le judaïsme politique, nous comprenons que le combat fondamental est de nature spirituelle, d’ordre métaphysique. Or cet aspect du problème a été ignoré lors de cette « convention », terme d’ailleurs mal choisi car étant de sinistre souvenir en France. Ils veulent « construire sur le roc » mais n’y posent pas leurs fondations. Aussi, même si le rétablissement d’un ordre spirituel d’essence naturelle n’est pas, a priori, visible à vue d’homme, il faut inscrire ce sujet dans le débat à mener. Et qui sait ? De même que tout pessimisme est sottise en politique comme le disait Maurras – l’histoire est riche de ruptures inattendues – des renversements ne sont pas à exclure, si quelque cataclysme socio politique se produit sans crier gare. Mais peut-être que les liens de la petite-fille Le Pen avec les conservateurs américains, très liés à l’Israël, l’encouragent à occulter le fond du sujet !

   De même, mettre en garde contre les dangers de l’islam en Europe, comme l’a fait Eric Zemmour, bientôt plus Français que nous tous, est une chose, et les pays musulmans ne cachent pas leurs desseins de conquête, mais celle-ci restera lettre morte si l’on ne dénonce pas le magistère du judaïsme politique et de la maçonnerie qui planifie, à l’échelle occidentale cette progression de l’islam à travers les flux migratoires qui envahissent l’Europe. Répétons-le, l’islam en Europe n’est pas la cause de nos difficultés, mais la conséquence d’une politique menée par les forces de l’anti-civilisation européenne qui occupent le pouvoir.

   Ne soyons pas dupes. Si les participants de cette convention ont le mérite de sensibiliser les Français à nombre de sujets majeurs, ils n’aboutiront pas au résultat de rétablissement de la France qu’ils proposent, car ils fondent leur combat sur des bases biaisées, en trompe l’œil. L’avenir de la France sera nationaliste, ou ne sera pas.

 

Éditorial de MILITANT

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