Militant N° 708 – Le populisme, un thermomètre instrumentalisé

Le populisme, un thermomètre instrumentalisé

 

Il est une réalité : dans le monde occidental, le fossé se creuse sans cesse entre les classes dirigeantes et la population. Comment en serait-il différemment ? Le sentiment que des élites ont des intérêts séparés et contradictoires avec ceux de la population est nourri, chaque jour qui passe, par les faits. La complaisance des gouvernements de l’Europe carolingienne envers l’invasion migratoire, la délinquance qui en résulte, une fiscalité toujours plus favorable à l’oligarchie mondialiste, aux grands groupes bien plus puissants que les Etats dont ils se jouent de par leur structure transnationale, contribuent à le nourrir. En France, un Macron ne manque pas une occasion de montrer son mépris pour les Français, le dernier propos en date étant de dire que si les Français ne se plaignaient pas, les choses iraient mieux. Or ces « plaintes » ne sont que l’expression vivante de la précarisation de la majorité des Français et plus généralement des populations occidentales au cours des dernières années, aussi bien à la suite de la crise de 2008 qu’au travers des excès d’une mondialisation dont elles font les frais. Dernièrement, le géographe Jean-Christophe Guilluy, déjà connu pour avoir montré dans son livre « La France périphérique » comment les représentants en France de la superclasse mondiale avaient sacrifié les classes populaires, qui sont pourtant la substance de tout peuple, insistait sur la disparition des classes moyennes.

Le constat est connu. Naturellement, ce mécontentement, cette inquiétude des peuples d’Europe qui comprennent de plus en plus que leurs dirigeants les trahissent, se font les complices de leur assassinat légal, ne peuvent que se traduire, du point de vue électoral que par la montée en puissance de mouvements politiques qui dénoncent cet état de fait et se proposent d‘y remédier, à savoir ceux que le discours médiatique qualifie avec mépris de « populistes ». Citons le Front National (pardon ! « Rassemblement national ») en France, l’AfD en Allemagne, l’ÖFP en Autriche, la Ligue et le M5S en Italie, sans oublier les gouvernements qui tiennent un discours d’inspiration nationaliste comme en Hongrie. Il en est de même aux Etats-Unis où Donald Trump est l’élu de ces Blancs états-uniens qui se sentent, voire se savent menacés de paupérisation et de disparition. Au Canada, les récentes élections québécoises ont porté au pouvoir François Legault qui dénonçait l’immigration à tout va.

Or ce François Legault révèle à lui seul les limites du « populisme ». En effet, ce monsieur a déclaré : « nous allons accueillir des milliers d’immigrants chaque année, mais nous allons le faire d’une façon qui favorise l’intégration. On va en prendre moins, mais on va en prendre soin ».

Ce propos est révélateur de la nature des mouvements populistes : ils ne dénoncent pas le système politique démocratique, cause et instrument de tous les maux que subissent les populations du monde Blanc ; ils en dénoncent simplement les dérives. En effet, quel est le point commun qui caractérise le discours populiste ? La dénonciation d’élites dirigeantes qui manifestement sont déconnectées des intérêts des populations dont elles devraient être les mandantes. A partir de là, les greffent différentes attaques relatives à la mondialisation, à l’immigration pas assez contrôlée ou alors mal prise en mains. C’est ainsi que nous avons des mouvements populistes qui peuvent être de droite comme de gauche, même si les premiers sont les plus nombreux.

Mais, ce faisant, ces mouvements dénoncent plus ou moins clairement les causes efficientes du mal mais jamais la cause première, sinon le faisceau des causes premières, à savoir le renversement de rationalité opéré à partir de la France en 1789 substituant le rationalisme à la raison naturelle, la destruction de la structure organique naturelle des sociétés : c’est-à-dire autant de manifestations du combat métaphysique que mène le judaïsme politique contre l’helléno-christianisme, qui se fonde sur la religion talmudique constituée en rejet de celui-ci, et nourri de multiples courants gnostiques toujours renaissants au cours de l’histoire. Car le combat qui se livre aujourd’hui, avec pour enjeu immanent, la survie du monde Blanc et de la civilisation européenne et chrétienne, est d’abord d’ordre spirituel, dans la mesure où le spirituel gouverne toujours le matériel, « informe le matériel ».

Ensuite, ces mouvements populistes n’ont, pour la plupart d’entre eux, aucune conscience de race, c’est-à-dire la volonté de défendre et de promouvoir sans altération le rameau civilisationnel unique que constitue chaque peuple d’Europe « communauté de destin dans l’universel » et, plus généralement, l’ensemble des peuples d’Europe dont le fond ethnoculturel est inchangé, pour l’essentiel, depuis la nuit des temps.

Dès lors, ils s’inscrivent dans le cadre du système démocratique en place, celui qui est justement la cause des maux qu’ils dénoncent, ne proposant, en ligne de fond de leurs programmes, que d’en corriger les dérives en espérant ainsi le rétablir dans ce qu’ils pensent être sa pureté, son « âge d’or », cette dernière notion étant en elle-même profondément gnostique …

Ce n’est pas tout. A l’impuissance conceptuelle, doctrinale, ils joignent l’impuissance politique. Ce n’est pas parce qu’ils atteignent 20 %, 30 % des voix, et même s’ils accèdent au pouvoir, soit en coalition, comme au Danemark et en Autriche, ou seuls, comme en Italie, qu’ils vont être en mesure de mettre fin aux dérives actuelles, même s’ils sont originellement déterminés. Il suffit d’observer les résultats obtenus lorsque des partis populistes, qualifiés aussi « d’extrême droite », participent au gouvernement : au mieux, l’invasion migratoire est freinée, les droits des naturels nationaux sont un peu moins dégradés, mais cela ne va guère plus loin. Le système démocratique a intégré la réaction populiste dans son schéma politique et se sert de ces derniers comme un outil de canalisation de la juste colère des peuples Blancs et pense ainsi contenir celle-ci assez longtemps pour qu’elle s’épuise d’elle-même, soit pas manque de combattants, soit par lassitude et accoutumance au parfum de mort.

Répétons-le : il n’y a pas d’issue électorale aux maux qui menacent le monde Blanc. Les mouvements des réclamant peu ou prou du nationalisme, qui continuent de fonder leur action politique sur le combat électoral n’ont rien compris ou bien trompent ceux qui les suivent.

La seule issue est la rupture avec le système en place. En dépit de sa force apparente, il est fragile, ne serait-ce que parce qu’il est anti naturel. L’homme ne peut mépriser impunément les lois de l’ordre universel bien longtemps. Les populismes sont un thermomètre. Ils sont les signes annonciateurs de craquements de l’ordre mondialiste au sein du monde Blanc, de la réaction des peuples blancs qui ne veulent pas mourir. La fracture arrivera inéluctablement. Quand ? Comment ? Nous ne pouvons le prévoir. Mais elle ne sera décisive que si quelques cerveaux hardis, insensibles aux modes, inaccessibles au découragement, continuent de porter en toutes circonstances le feu intérieur de notre civilisation, forgeant les outils de son rétablissement.

 

MILITANT.

 

 

 

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