Militant N° 693 – L’élection de Macron, nouveau symptôme d’un régime fragilisé

SOMMAIRE :
L’élection de Macron, nouveau symptôme d’un régime fragilisé (Militant)………… page 3
La Chine supplée l’incurie de l’U.E. (Maurice GUFFROY)……………………… pages 4 et 5
Le droit de propriété en danger (André GANDILLON)……………………………pages 6 à 10
Le Nationalisme Afrikaner du passé au présent (François PALAFITTES)…pages 11 à 13
La Macédoine, nouvelle poudrière balkanique (Nicolas OUGAROV)……….pages 14 et 15
Chronique impertinente………………………………………………………………………………page 16

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L’élection de Macron, nouveau symptôme d’un régime fragilisé

Sans surprise, Emmanuel Macron l’a emporté sur Marine Le Pen au terme de deux scrutins marqués par l’élimination de Benoît Hamon et de François Fillon – ce dernier exécuté préalablement par les media – les champions des deux grands partis régimistes, le Parti socialiste et les Républicains. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu que Marine Le Pen, voulue en finale par le système dans la mesure où celui qui lui serait opposé était assuré d’être élu, ne soit pas qualifiée. Elle a frisé la correctionnelle car, outre le fait qu’avec ses 21,3 %, elle s’est retrouvée bien loin de ce qu’elle pouvait espérer, Fillon la suivait à 20 % et Mélenchon – le plus talentueux des impétrants nonobstant ses idées délétères – à 19,6 %.

Le second tour, plus détendu que celui de 2002 où figurait déjà le Front National, a été inévitablement placé sous le signe de la « réductio ad hitlerum » avec pour décor Oradour sur Glane où Macron est allé pérégriner, tandis que la Le Pen allait déposer une gerbe au mémorial des déportés à Marseille … Quant au débat d’entre deux tours, où les questions de fond n’ont évidemment pas été abordées, il a montré certes la vacuité de Macron mais surtout les graves faiblesses et la vulgarité inculte de la fille Le Pen qui n’a rien gagné à renier ce qu’il y avait de nationaliste dans le FN pour plaire à un régime qui l’utilise comme voie de garage du mécontentement croissant des Français. Quitte à être battu, autant l’être dans l’honneur. D’ailleurs, dans le cas improbable où elle eut été élue, qu’aurait-t-on pu en attendre alors qu’elle avait, dans cet entre-deux tour, abandonné sa mesure phare, à savoir la sortie de la France de la zone euro, parce que ce n’était pas électoralement porteur !

Quant au sieur Macron, saluons la réussite de l’opération de mise en scène et de sidération médiatique qui a conduit à la victoire électorale un personnage inconnu, haut fonctionnaire, fondé de pouvoir de la banque Rothschild & Cie, ancien ministre de l’équipe faillie Hollande-Valls ! Nous sommes en présence d’une sorte de chef d’œuvre de fabrication d’un personnage politique quasi virtuel, grâce aux techniques de communication, « la com ». Résultat : une part suffisamment nombreuse de l’électorat, telles les lucioles face à la lumière, a été attirée et séduite – le temps d’aller urner – par cette marionnette animée par les cercles mondialistes. Ses soutiens ne trompent pas : Minc, Attali, Pierre Bergé et tout un panier de gens connus pour leurs idéaux cosmopolites tel le gauchiste Cohn-Bendit qui se vante d’avoir uriné sur la tombe du Soldat inconnu. Les appuis de Macron sont très éclectiques puisqu’ils vont de l’ancien chef du Parti communiste Robert Hue à Alain Madelin, ultra libéral venu du mouvement Occident, en passant par les socialistes du type Valls, la mouvance juppéiste et surtout le frère maçon Delevoye (ex UMP) chargé des investitures pour les législatives de juin.

En outre, cette consultation électorale permet un autre tour de force qui consiste à faire succéder à Hollande, honni par les Français, celui qui est devenu en quelque sorte son poulain. Comme candidat du changement, « anti système », la supercherie est à son comble.

Quoi qu’il en soit, cette élection marque une nouvelle étape dans le processus de déstabilisation de leur Ve République. Certes, elle a changé déjà plusieurs fois de visage, avec deux réformes majeures : en 1962, l’élection du président au suffrage universel puis en 1999, l’instauration du quinquennat, ce qui présidentialise le régime. Mais cette fois-ci, le magistère régimiste, à savoir le judaïsme politique et la maçonnerie, a été obligé d’imposer l’un de ses fondés de pouvoir pour suppléer une classe politique dépassée et tenter de contenir la colère qui monte des tréfonds du peuple français. Nous pouvons toutefois douter de la validité de l’opération puisque Macron incarne le mondialisme, l’accélération de la destruction de notre nation, par le communautarisme, l’invasion migratoire, la liquidation de ce qui reste de notre industrie, des mesures antisociales qu’il veut prendre autoritairement par ordonnances (les décret-loi de la IIIe République finissante).

Cela dit, cet épisode électoral a fait apparaître trois grands courants d’opinion. A droite, les tenants de la France qui ne veut pas mourir, qui va d’une partie de Les Républicains à l’encore existant Front national ; au centre, la mouvance cosmopolite, recouvrant des électeurs de droite et de gauche libérale, faite de cadres supérieurs, de jeunes diplômés d’écoles de commerce et de gestion où ils sont formatés pour constituer la piétaille du mondialisme ; à gauche, les alter mondialistes, nombre de « nouveaux Français » et autres gauchistes dont Mélenchon est le principal héraut et qui s’est manifestée le 7 mai par l’abstention et le vote blanc. La mouvance centriste ne dispose pas d’une formation politique capable de lui servir de machine électorale dans les élections à venir et, de ce fait Macron va vraisemblablement être confronté à une absence de majorité parlementaire solide. En outre, derrière le leurre des pourcentages, il a été mal élu : s’il a obtenu 20 millions de voix, Marine Le Pen en a eu 10 millions, les vote blancs ou nuls dépassent les 4 millions et tout autant d’abstentionnistes protestataires. Bref, Macron part avec un handicap d’environ 20 millions d’électeurs hostiles.

Mais allons plus loin. En réalité, cette élection s’inscrit dans un processus révolutionnaire à long terme qui condamne l’ordre politique issu de 1945. L’ordre mondialiste actuel, parce qu’il repose sur de faux principes philosophiques, parce qu’il est fondé sur la spéculation et le jeu, parce qu’il pratique l’inversion en tous domaines, est condamné à s’effondrer à travers des soubresauts imprévisibles mais inéluctables.

N’attendons pas d’une élection qu’elle porte aux affaires quelque candidat réellement anti-système : une élection est par nature conservatrice. Aucun régime n’a été renversé par une élection et le cas si souvent cité de l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir résulte des combinaisons des politicards de Weimar. En outre, si les Français voulaient s’opposer au déclin de la France, ils n’auraient jamais laissé se développer la dérive actuelle. L’adage selon lequel les peuples n’ont que les gouvernants qu’ils méritent est à nouveau vérifié par l’élection de Macron : tout compte fait, ils se satisfont de leur mal-être actuel, crispés sur leur patrimoine, petit ou grand.

Le bulletin de vote n’est jamais la réponse à un processus révolutionnaire. Un tel processus démarre lentement mais s’accélère de manière fortuite puis exponentielle. Les opinions basculent avec les changements de régime et d’époque. Mais le basculement est toujours dû à une élite minoritaire, inaccessible au découragement, déterminée, qui s’est formée et préparée pour saisir le bref instant où tout peut et doit changer. Telle est la tâche des nationalistes. Les vents ont commencé à tourner en notre faveur en 2005, lors du référendum sur la constitution européenne et les difficultés présentes ne doivent pas nous faire ignorer cette réalité. 

  MILITANT

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