Militant N° 687 – Après le séisme du Brexit, la révolution Trump ?

Sommaire du numéro :

Une dynamique révolutionnaire : les élites mondialisées contre les peuples (Militant) en page 3
Une nouvelle lubie : adapter l’islam (Maurice GUFFROY) en pages 4 et 5
Où va l’Espagne ? (André GANDILLON) en pages 6 à 10
Bratislava : l’U.E. dans l’impasse (Albert FOEHR) en pages 11 et 12
Enfin un honnête homme (DIOGENE) en page 12
Ah ! Les belles « Primaires » (Edme JOUANNEAU) en pages 13 à 15
Chronique impertinente en page 16

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Après le séisme du Brexit, la révolution Trump ?

Ainsi donc, faisant une fois de plus mentir les sondages, à l’instar de ceux ayant précédé le Brexit de juin 2016, le candidat républicain Donald Trump a été élu à la Maison Blanche contre Hillary Clinton. Cela constitue un ébranlement de plus de l’ordre mondialiste que veulent mettre en place les cercles apatrides selon des principes qu’un David Rockefeller résumait ainsi, lors de la Conférence de Bilderberg à Baden-Baden en juin 1991 : « La souveraineté supranationale d’une élite d’intellectuels et de banquiers mondiaux est certainement préférable à l’autodétermination pratiquée au cours des siècles passés.»

La portée de la victoire de Donald Trump va au-delà de l’événement lui-même : plus que le Brexit, plus que la  montée en puissance de partis dits « populistes » en Europe, parce qu’elle a lieu dans l’Etat dominant du monde occidental, elle acte la volonté des peuples blancs de ne pas mourir. Ce vote marque un premier succès des « redneck », des « sans dents », de ces « petits blancs » dont  nous sommes tous à des degrés divers, bref de la substance même des peuples, dans leur révolte contre cette minorité dirigeante mondialisée, corrompue et pervertie qui les trahit. Aux Etats-Unis, c’est un premier aboutissement du mouvement de révolte contre celle-ci, déjà marqué par des poussées comme celle d’un  Ross Perot qui vint perturber l’élection de 1992 avec ses 18,9 % de voix.

Pour la deuxième fois en six mois, le matraquage médiatique, le pouvoir de l’argent ont été sans effets. Certes, Trump maîtrise fort bien l’outil audiovisuel. Mais la campagne hystérique de dénigrement sans précédent dont un candidat a été l’objet est restée inopérante. Hillary Clinton, a eu beau recevoir deux fois plus de contributions financières que Trump (1,35Md $ contre 0,7 Md $) rien n’y a fait. Comme pour le Brexit, des électeurs qui ne se déplaçaient jamais sont allés urner en nombre, prenant à contrepied les instituts de sondages qui n’avaient pas pris en compte cette dimension du scrutin, giflant des ploutocrates corrompus mais sûrs d’eux-mêmes au point d’en être stupides d’assurance et puants d’arrogance. Et nous n’avons pas boudé notre plaisir à voir leurs mines défaites, tant aux Etats-Unis qu’en Europe occidentale.

Trump, candidat hors système, a été élu contre l’oligarchie mondialiste qui tient les Etats-Unis depuis un siècle ; même les caciques du Parti républicain ont préféré soutenir Clinton, à l’instar des Bush, père et fils.

Petit fils d’immigrés allemand et écossais devenu milliardaire, Trump incarne le « rêve américain », celui de la réussite sociale et la volonté d’assurer l’avenir des Etats-Unis en fidélité à ses mythes fondateurs. Dans sa campagne électorale, il a eu le courage de tenir un langage de vérité qui a touché la masse du peuple américain, revendiquant sa teneur « politiquement incorrecte », dénonçant entre autres la mise en coupe réglée des Etats-Unis par la ploutocratie  financière et mondialiste, le rejet de l’invasion migratoire venue du sud du Rio Grande, le maintien de la liberté de possession d’armes, symbole du citoyen libre et responsable, le refus des traités d’inspiration mondialiste comme les traités transatlantique et transpacifique, la volonté d’apaiser les tensions avec la Russie, engager les Etats-membres de l’Otan à prendre leurs responsabilités en finançant leur défense.

Face à lui Hillary Clinton, (dont la fille Chelsea a épousé un neveu de Georges Soros) a représenté l’hyperclasse mondialiste, la corruption et la perversion morales ; elle-même a été sous l’influence de Saul Alinsky (1909-1972), un penseur nihiliste se revendiquant luciférien. Elle est de fait l’agent de la finance apatride et mondialisée, s’étant revendiquée comme « partenaire de Goldman Sachs au gouvernement » lors de conférences prononcées en 2013, du « grand remplacement » des Blancs par des allogènes avec notamment l’ouverture des frontières états-uniennes à l’immigration musulmane (mais sa proche collaboratrice, Uma Abeddin, est réputée proche des Frères musulmans).

 Cela précisé, n’allons pas imaginer que Donald Trump va mettre fin au mondialisme. Tout d’abord, les sionistes, piliers de l’actuel ordre mondial, n’ont rien à craindre. Outre le lien tissé par sa fille, (par ailleurs amie de Chelsea Clinton !) qui a épousé elle aussi un israélite, n’a-t-il pas déclaré, entre autres, le 21 mars 2016, devant l’AIPAC, le puissant groupe de pression sioniste, qu’il était « un soutien de longue date et ami réel d’Israël » ? Et si 50% des contributeurs de la campagne de Clinton étaient juifs, 25% des dons faits à Trump l’étaient également (selon Gil Troy de l’Université McGill au Canada)

Par ailleurs, l’oligarchie mondialiste ne va pas s’avouer vaincue. Les financiers et les cercles mondialistes ont de puissants relais au sein de « l’Etat profond ». La CIA a ses lignes d’action en matière de politique étrangère, tout autant que le complexe militaro industriel. Et il faut signaler ce propos inquiétant tenu par le général Mark Milley, chef d‘Etat-major de l’armée de terre, le 7 octobre 2016 à l’adresse de la Russie : « Je veux être bien clair avec ceux qui veulent nous faire du mal …  en dépit de tous nos défis, en dépit de notre tempo opérationnel, en dépit de tout ce que nous avons fait, nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant. Ne vous méprenez pas à ce sujet ». En outre, bien que le Parti républicain détienne la majorité au Congrès, Trump devra compter avec beaucoup d’ennemis.  

Au-delà de son imprévisibilité (comme il l’avoue lui-même), de son inexpérience politique présumée, si Donald Trump a le peuple américain avec lui, il va se retrouver quasiment seul face à des coteries bien implantées qui ont eu déjà raison d’un Kennedy et moindrement d‘un Reagan, fortement diminué après un assassinat manqué. Cela va peser très lourd au cours de son futur mandat. Que va-t-il faire ou pouvoir faire ? Gageons que les espoirs mis en lui seront déçus. Dans son premier discours du 9 novembre n’a-t-il pas étonnamment félicité Clinton pour son action aux affaires étrangères alors qu’elle fut calamiteuse ?  Plus que jamais, les nuages s’accumulent alors que se met en place un monde multipolaire dans lequel les Etats-Unis n’auront au mieux qu’une domination relative.

Toujours est-il que les peuples de civilisation européenne et chrétienne se réveillent. Un grand mouvement de révolte est en marche. Le système mondialiste, reposant sur de fausses abstractions philosophiques, construit en contradiction avec les lois constitutives de l’ordre universel, est condamné à terme. D’ores et déjà, c’est le destin qui impose son rythme. Le système n’est pas réformable et, comme l’écrivait Ernst Junger dans son Journal du 16 juillet 1944, « rien ne changera avant que survienne un grand malheur ». Donald Trump, les différents partis populistes annoncent une situation révolutionnaire à laquelle il appartiendra aux nationalistes de tous pays d’en faire l’occasion unique de rétablir notre civilisation dévoyée depuis deux siècles.

Éditorial de MILITANT

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