MILITANT N° 672 juin 2015 – Rendons vie à la France

promo_paysage-672

SOMMAIRE

  • Ne nous laissons pas ensevelir dans le sarcophage républicain et mondialiste (Militant) – page 3
  • « Shoah — La saga des réparations » (Edme JOUANNEAU) – pages 4 et 5
  • L’absurde Occident (NINO) – pages 6 à 11
  • Areva ? Fiasco industriel et magouilles en tous genres (François de MONTMOROT) – pages 11 et 12
  • Jean-Marie Le Pen et le nationalisme (André GANDILLON) – pages 13 à 15
  • Chronique impertinente – page 16

4 euros

Édito

NE NOUS LAISSONS PAS ENSEVELIR DANS LE SARCOPHAGE RÉPUBLICAIN ET MONDIALISTE

 

Le 27 mai dernier, François Hollande a, selon le quotidien Le Monde, vécu une des journées les plus importantes de son quinquennat : une quadruple « panthéonisation » dont celle de Jean Zay qui en 1924 avait qualifié le drapeau français de « saloperie tricolore », injuriant ainsi les 1 ,5 millions de Français morts lors de la Grande Guerre ! Voilà donc le point d’orgue du mandat de l’actuel président de leur république ! Le chômage, l’immigration-invasion, la désindustrialisation ? Problèmes secondaires, semble-t-il ! Et ce n’est pas surprenant : depuis 1789, la France a été remplacée par la « république », le territoire français n’étant, à travers l’entretien voulu d’une ambiguïté entre France république, que le centre de propagation de cette idéologie universaliste dont le mondialisme est aujourd’hui la continuation sous d’autres formes. Le Panthéon est le symbole de cette « mutation » : en effet, c’est en ce lieu que Clovis, fondateur de la France née de la Gaule romanisée, avait construit son tombeau en édifiant la Basilique des Saints Apôtres, à l’image de celle de Constantinople qui abritait les sépultures des empereurs byzantins. Associée à l’abbaye sainte Geneviève voisine, ce lieu sépulcral symbolise l’ancrage de la France en ses origines. Par sa transformation en temple maçonnique, l’église Sainte Geneviève devenue un Panthéon symbolise cette « table rase du passé » qu’ont voulu instaurer les révolutionnaires en 1789. Tout le prouve : Hollande – comme son prédécesseur Sarközy qui vient de changer l’UMP en « Les Républicains » – n’est pas là pour servir la France mais la « république » et le mondialisme. Et si l’on considère son action à cette aune, il réussit fort bien. Ce personnel politique ne trahit pas la France qui n’est rien pour lui : il sert leur république et le mondialisme, ce dernier avançant dangereusement avec le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), en français « Traité de libre-échange transatlantique », frère jumeau du Partenariat transpacifique (TPPA) lui aussi en cours de négociation. Et ce n’est pas fini : est en cours de ratification leTFA, (traité de facilitation des échanges) porté par l’OMC (et les multinationales) et adopté par la quasi-totalité des pays du monde à Bali à la fin 201 3. Quand 108 pays l’auront ratifié, il s’appliquera de fait à toute la planète.

Quant au TTIP, programmé dès les années 1990 pour être mis en place avant 2020, il a pour objectif de créer un espace économique unissant l’Amérique du Nord et l’U.E., celui-ci devant précéder une union monétaire transatlantique suivie d’une structure étatique transatlantique, première étape d’un gouvernement mondial. (1 ) Certes, les discussions sont ardues. Régulièrement, à chaque nouvelle étape de la négociation, les opposants arrivent à réunir dans la rue quelques milliers de personnes sans que les média en fassent grand écho. Mais, dans la plus grande discrétion et l’opacité la plus fuligineuse, le processus avance inexorablement. Dernièrement, le 27 mai 201 5, le Parlement européen a donné son accord de principe à l’une des mesures les plus contestées – à savoir des tribunaux d’arbitrage devant régler les litiges entre les Etats et les multinationales (ISDS en langage technocratique) et aboutissant en réalité à faire payer par les contribuables les préjudices supposés que les Etats feraient subir à ces sociétés !

En fait, tout se passe comme si les États-Unis, ou plus exactement l’oligarchie qui les gouvernent, en proie à un affaiblissement intérieur que les média officiels s’efforcent de dissimuler, tentaient de compenser cette amorce de déclassement en imposant plus que jamais leur autorité à des vassaux eux mêmes fortement décadents. Et pour cela, ils utilisent une arme que ne dédaignait pas Rome : l’arme du droit. Alors que Bismark répétait que « la force prime le droit », les États-Unis énoncent que « le droit est leur force ».

L’arme juridique a des effets prodigieux. Bafouant les règles du droit international, décrétant de son propre chef que le droit des États-Unis s’impose partout dans le monde où leurs intérêts sont en jeu, ils profitent de la soumission de leurs féaux pour affirmer et étendre leur autorité. Rappelons-nous l’affaire de la BNP définitivement condamnée le 1 er mai 201 5 à payer 8,9 millions de dollars à Washington au seul motif très ténu que les contrats incriminés étaient libellés en dollars. Et cela, au mépris de la convention du 25 novembre 1959 signée entre la France et les États-Unis qui accorde aux ressortissants et sociétés de chacun des deux Etats « un traitement équitable » s’agissant de la protection de leurs biens et intérêts, convention que Paris n’a même pas tenté de revendiquer.

Nous avons vécu début juin 201 5, l’affaire de la FIFA – n’abordons pas ici la corruption dont cet organisme est le siège – dans laquelle sur une simple injonction du Parquet de New York, au motif que des délégués de celle-ci résident aux États-Unis, la police suisse est allée perquisitionner dans les bureaux de la fédération du football mondial.

Cette extraterritorialité du droit états-unien est le pendant du droit que Washington s’est arrogé d’intervenir où bon lui semble à travers le monde, en enrôlant ses laquais parmi lesquels la France figure au premier rang, non pas pour amener la paix mais pour semer le chaos, autrement dit, détruire pour régner afin de maintenir la suprématie d’une puissance irrémédiablement en déclin, ne serait-il que relatif : l’Afghanistan, la destruction de l’Irak baasiste, les « Printemps arabes », la destruction de la Libye, l’affaire syrienne, l’intervention en Ukraine sont autant d’éléments de cette hybris américaine à laquelle nombre de dirigeants de l’Europe de l’Ouest prêtent lâchement leur concours. D’autres Etats sont sur la liste tel l’Iran qui n’est pas dupe.

Pourtant, cet avancée du mondialisme n’est pas irrésistible. Le viol délibéré de la résolution 1973 de l’ONU relative à la création d’une zone d’exclusion aérienne sur la Libye aboutissant en fait à sa destruction a créé un bloc du refus de la Russie et de la Chine qui n’ont pas accepté d’avoir été circonvenus. Depuis lors, toute résolution de ce type contre la Syrie a été bloquée par leur veto. En Ukraine, la Russie réagit à ce qui est une agression contre ses intérêts. L’Égypte, déstabilisée par le « printemps arabe » lancé avec l’aval de l’ambassadrice états-unienne au Caire, réplique à Washington en se tournant vers la Russie et même vers la France en achetant le Rafale, concurrent honni des F16 et F1 8 américains. En Europe, la Hongrie se rebiffe face à un occidentalisme totalitaire.

Nous devons plus que jamais être conscients que la servitude que nous subissons actuellement est volontaire. Sous les chapes étouffantes de leur république maçonnico-universelle, du mondialisme financier et du judaïsme politique, continuent de vivre charnellement des peuples, ne serait-ce que dans l’âme de quelques cerveaux hardis. Notre travail de nationalistes consiste à préparer la délivrance des peuples asservis, dont celui de France au premier chef. Que Clovis l’emporte sur le Panthéon et la nation sur le mondialisme apatride. Sortons du sarcophage républicano-mondialiste !

MILITANT

(1 ) MILITANT avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2010 : Le grand marché transatlantique, n°625 de décembre 2010. Il a actualisé le sujet lors du lancement des négociations dans Une nouvelle étape du mondialisme, n° 660 de mai 2014

Votre commentaire