70 ans de déchéance

70 ANS DE DÉCHÉANCE

 

Voilà 70 ans, la IIIe république faisait sombrer la France dans le plus grand désastre de son histoire après s’être lancée dans une guerre évitable que, dans son incurie, elle n’avait pas su  préparer. Guerre illégale dans la mesure où le Parlement n’a pas été consulté ; guerre curieuse car seul le Reich s’est vu déclarer la guerre pour avoir attaqué la Pologne alors que l’autre agresseur, l’URSS ne fut pas inquiétée.

Durant quatre ans, les Français les plus actifs s’efforcèrent, par des choix différents, de la relever jusqu’à ce qu’en 1944, suivant les fourgons des forces anglo-saxonnes alliées aux soviétiques, le régime failli en 1940 se réinstalla sous des habits à peine modifiés. Ce que l’on appelle la « libération » se traduisit par une guerre civile, « l’épuration » qui fut l’actualisation de la révolution de 1789 et qui vit revenir aux affaires les vaincus de 1940 accompagnés du puissant Parti communiste, dirigé par le déserteur Thorez et dont la participation à ce qu’on appelle la « résistance » date du jour où l’alliance germano-russe fut rompue. Triomphaient ainsi les forces qui avaient poussé à la guerre contre une Allemagne qui refusait l’hégémonisme de la finance internationale et le matérialisme, qu’il soit libéral ou marxiste.

Or, depuis 1945, la France vit dans un climat de guerre civile permanente dont la figure emblématique est celle de Charles De Gaulle, parti à Londres parce qu’il n’était plus ministre et qui mit la France au service de sa grandeur personnelle. En dépit d’une volonté de puissance, comme en témoigne la création de la force nucléaire, en opposant « Vichy » à la « France libre », il a livré la France au pouvoir idéologique des marxistes et conforté les tenants de l’universalisme républicain et maçonnique contraire à l’âme de la France.

Revenu aux affaires en 1958 lors de la faillite d’une autre république, la IVeme,  il a liquidé dans des conditions de parjure et de déshonneur l’empire colonial français et singulièrement l’Algérie, abandonnant plus d’un million de Français et de harkis qui avaient crus en sa parole aux mains du FLN, mouvement terroriste islamo-marxiste. Ce faisant, il n’a pas su éviter que la France devienne, selon l’expression d’Édouard Herriot,  la colonie de ses colonies. En conséquence, la France ne cesse depuis la fin des  années 1960 de s’enfoncer dans la décadence, 1968 étant une date charnière : plus que de s’affaiblir, la France se vide de sa substance.

Succédant au fondateur de la Ve République, débarqué en 1969, les locataires successifs de l’Élysée ne sont qu’une succession de personnages toujours plus médiocres au point que le président sortant apparaît rétrospectivement comme moins mauvais que son successeur. Un Pompidou a privé l’État de son libre refinancement, a laissé entrer des travailleurs étrangers pour faire pression sur les salaires des Français. Un Giscard d’Estaing les a légalisé tout autant que l’avortement. Un Mitterrand a laissé la France se désindustrialiser tandis qu’il encourageait la perversion des mœurs, promouvait une sous-culture subversive et laissait venir une immigration inassimilable. Un Chirac accéléra le processus en n’ayant même plus les réactions d’amour propre national qui marquaient encore son prédécesseur, multipliant sous couvert d’antiracisme les lois anti nationales. Maintenant, Sarkozy établit la discrimination positive en faveur des étrangers, récompense la délinquance en légalisant des travailleurs entrés illégalement en France pour satisfaire un grand patronat apatride.

En 1940, la France était sur les routes, dans le dénuement, mais elle gardait son âme. 70 ans plus tard, elle perd son âme et sa substance raciale dans une opulence trompeuse. En 1940, la France voulait se délivrer d’une occupation provoquée par sa défaite ; en 2010, elle se laisse humilier, envahir sans réaction.  

Pourtant depuis 70 ans, de ses tréfonds, la France a vu se lever à chaque génération des forces vives, généreuses dans l’effort, tant militaire qu’économique et scientifique, qui ont été sans cesse flouées par un régime foncièrement anti national, perverti, dont le magistère est durablement passé aux mains de sociétés de pensée et de groupes de pression antinationaux et étrangers. Ces Français qui, en plus grand nombre que ceux de la France libre, sont partis se battre sur le Front de l’Est, l’ont fait pour maintenir une Europe libre, fidèle à ses traditions, et, rétrospectivement, il s’agissait d’un combat d’avant-garde lorsque l’on constate le champ de ruines qu’accumule cette république née de la mystification gaulliste. 

70 ans de déchéance, c’est long, trop long pour ceux qui les vivent. Pourtant,  au vu de 16 siècles d’histoire, c’est peu. Il reste encore des forces vives en France, même si elles restent discrètes.. Les nationalistes en sont le fer de lance. Tôt ou tard, le cours millénaire de l’histoire corrige les déviances. Face à un système contre nature, perclus de contradictions, des occasions salvatrices vont se présenter. Préparons-nous, organisons-nous pour ne pas les laisser passer en vain, sachant que les forces d’en face feront tout pour rester en place.

 

Ancien éditorial de MILITANT N° 621 de juillet 2010.

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